Introduction : Le Tigre à la Face de Jade
Dans chaque sport, il y a un nom qui revient toujours quand on parle du « Meilleur de tous les temps » (GOAT). Au basket, c’est Jordan. En boxe, c’est Mohamed ali et son shuffle. En Muay Thai, c’est Samart Payakaroon.
Surnommé le « Tigre à la Face de Jade » (Payak Na Yok) pour sa beauté et son visage qui restait intact après les combats, Samart n’était pas un bagarreur. C’était un artiste. Il a dominé l’Âge d’Or des années 80 avec une telle facilité qu’il semblait voir le futur.
Mais Samart n’est pas juste une légende du Muay Thai. Il est l’un des rares hommes à avoir été champion du Lumpinee (Thaï) ET champion du monde WBC en Boxe Anglaise. Voici l’histoire du génie ultime.

Le Style « Muay Femur » : L’Art de ne pas forcer
Si Rodtang est un tank, Samart Payakaroon est un fantôme. Il est l’incarnation absolue du Muay Femur (le technicien). Son style reposait sur un principe simple : « Toucher sans être touché ».
Contrairement aux autres qui bloquaient les coups avec leurs tibias, Samart les esquivait. Il utilisait sa vision périphérique pour éviter les High Kicks d’un simple mouvement de tête, mains baissées. Son arme secrète était le « Side Teep » : un coup de pied frontal si rapide qu’il l’utilisait comme un jab. Son style est décortiqué dans notre guide Muay Thai complet. C’est le style ultime pour celui qui veut maîtriser la belle boxe technique.
La Double Couronne : Roi du Muay Thai et de la Boxe Anglaise
C’est ce qui sépare Samart des autres légendes comme Buakaw ou Saenchai. Après avoir nettoyé toutes les catégories au stade du Lumpinee (4 titres), il s’ennuyait. Il a donc décidé de passer à la Boxe Anglaise.
En 1986, il affronte le tueur mexicain Lupe Pintor pour le titre mondial WBC. Contre toute attente, Samart met KO le Mexicain au 5ème round avec une gauche chirurgicale. Il devient un héros national en Thaïlande : le roi des deux mondes.
La Chute et le Showbiz : Une Star de la Pop
La célébrité a été son plus grand adversaire. Devenu une idole, Samart a sorti plusieurs albums de Pop Music et a joué dans des dizaines de films. Cette vie de rockstar lui a coûté cher. En 1987, il perd son titre WBC. La raison ? Il était épuisé par ses tournées de concerts et ne s’était presque pas entraîné pour ce combat.
Conclusion : Pourquoi il reste le Numéro 1
Même 40 ans après, aucun combattant n’a réussi à reproduire l’élégance de Samart. Il a prouvé que la boxe n’était pas seulement une question de tibia dur (merci les protections haut de gamme), mais une question de Coup d’œil. Si vous voulez apprendre la « belle boxe », c’est Samart qu’il faut étudier.