
Sergei Pavlovich affronte Alex Pereira chez les poids lourds, dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 décembre 2026, à la T-Mobile Arena de Las Vegas. C’est le co-main event de l’UFC 335, sous Oliveira contre Lopes. Pas de ceinture en jeu, mais le troisième des lourds contre le frappeur le plus craint de la décennie, six mois après sa défaite contre Ciryl Gane.
1. Ce qui est vraiment en jeu
Aucune ceinture. Et pourtant c’est le combat le plus lourd de conséquences de la carte.
Il faut remettre les choses à leur place, parce que la situation de Pereira est mal comprise. Il n’est plus champion des mi-lourds. Au classement de l’UFC, le champion des mi-lourds est Carlos Ulberg, et Pereira y figure au troisième rang, derrière Magomed Ankalaev et Jiří Procházka. Chez les lourds, il n’est pas classé du tout. Il est dixième du classement toutes catégories confondues.
Pavlovich, lui, est troisième des poids lourds, derrière Tom Aspinall et Alexander Volkov, dans la division que Ciryl Gane domine. Il arrive avec trois victoires d’affilée.
Donc voilà le vrai enjeu : pour Pavlovich, une victoire sur un nom comme Pereira le remet en haut de la liste des prétendants à la ceinture de Gane. Pour Pereira, c’est l’inverse, c’est le combat qui décide si son passage chez les lourds est un projet ou une parenthèse.
2. Sergei Pavlovich, d’où il sort
Pavlovich a 34 ans, il mesure 1,91 m, il a pésé 115,9 kg à sa dernière pesée, et il a 2,13 m d’allonge. Retiens ce chiffre, c’est le coeur du combat. Il est arrivé à l’UFC le 24 novembre 2018.
Son bilan est de 21 victoires et 3 défaites, dont 16 victoires par KO et 16 finitions au premier round. Seize finitions au premier round sur vingt et une victoires. Ce n’est pas un style, c’est une proposition : soit tu meurs dans les cinq premières minutes, soit le combat devient autre chose.
Ses trois derniers combats racontent justement cette autre chose. Décision unanime sur Jairzinho Rozenstruik le 1er février 2025, trois rounds complets. Décision unanime sur Waldo Cortes-Acosta le 23 août 2025, trois rounds complets. Puis KO technique sur Tallison Teixeira le 30 mai 2026, en 39 secondes.
Les chiffres de l’UFC sur lui sont parmi les plus parlants que j’aie lus. Il place 4,49 coups significatifs par minute, il en encaisse 3,58, il défend 56 % des coups et 75 % des tentatives de lutte. Sa moyenne de knockdowns est à 1,89 par quinze minutes. Et son temps de combat moyen est de 5 minutes 17.
Le dernier chiffre est celui que je trouve le plus utile. Un temps moyen de 5 minutes 17 chez un gars qui a vingt-quatre combats, ça veut dire que presque personne ne l’a vu au troisième round. On sait ce qu’il fait pendant cinq minutes. On ne sait pas vraiment ce qu’il devient après.
Et puis il y a sa répartition de cibles, qui est presque caricaturale : 83 % de ses coups significatifs partent à la tête, 11 % au corps, 6 % aux jambes. 82 % de son volume se fait debout, à distance. Il ne construit pas, il cherche.
Franchement, dans la vie il y a plusieurs types d’hommes, et Pavlovich c’est un mec dur. Il peut arrêter n’importe quel combattant s’il arrive à le perturber. Le mot important, c’est perturber.
3. Alex Pereira chez les lourds
Pereira a 38 ans, il mesure 1,93 m, il a pésé 113,9 kg, et il a 2,01 m d’allonge. Il est né à São Bernardo do Campo, il s’entraîne à la Teixeira MMA de Bethel dans le Connecticut, et sa discipline d’origine est le kickboxing. Ses débuts à l’UFC datent du 6 novembre 2021.
Son bilan est de 13 victoires et 4 défaites, dont 11 par KO. Onze KO sur treize victoires, soit 85 % de ses succès, et aucune soumission.
Ses trois derniers : défaite aux points contre Ankalaev sur cinq rounds le 9 mars 2025, revanche gagnée par KO technique en 1 minute 20 au premier round le 5 octobre 2025, puis la défaite par KO technique contre Gane au deuxième round en juin 2026.
Ses statistiques dessinent un combattant à l’exact opposé de Pavlovich. Il place 5,01 coups significatifs par minute, plus que le Russe. Il en encaisse 3,72. Il défend 53 % des coups et 80 % des tentatives de lutte. Sa moyenne de knockdowns est à 0,75. Et son temps de combat moyen est de 10 minutes 42, soit le double de celui de Pavlovich.
Surtout, regarde où il frappe : 47 % à la tête, 26 % au corps, 27 % aux jambes. Face aux 83 % de tête de Pavlovich, c’est deux métiers différents. Pereira démonte un adversaire étage par étage, Pavlovich essaie de couper l’électricité d’un coup.
Ce que je pense de lui, et c’est là que je ne suis pas tranquille : il met du temps à démarrer, vu son style muay thaï et très très technique. Il sait que le surclasser techniquement est compliqué pour presque tout le monde, et il construit là-dessus. Le problème, c’est que le temps qu’il met à démarrer, c’est précisément la fenêtre où Pavlovich gagne ses combats.
Sur la montée chez les lourds, je ne crois pas à la transformation. Ça change le ressenti, pas la personne, surtout pour des combattants avec ce nombre de combats derrière eux. Les deux hommes pèsent à deux kilos près la même chose. Ce n’est pas un problème de masse, c’est un problème de ce qu’un gant encaisse dans cette division.


1,91 m · allonge 2,13 m
1,93 m · allonge 2,01 m
4. Là où ce combat se gagne
Les douze centimètres d’allonge. Pereira est plus grand de deux centimètres, et il a quand même douze centimètres d’allonge en moins. À ce niveau, ça veut dire que Pavlovich peut toucher sans être touché en retour sur une ligne droite. Tout le combat de Pereira consiste à supprimer cette ligne.
La solution technique, je la connais : des feintes de niveau haut-bas, un décalage pour sortir de l’axe, puis coller et frapper en ressortant. C’est comme ça qu’on tue une allonge. Mais soyons honnêtes, ce n’est pas vraiment le style de Pereira. Lui, il reste dans l’axe, il encaisse une touche pour en placer une plus lourde, et il attend que l’autre s’abime sur ses jambes et son corps.
Le circulaire contre la ligne droite. Si j’étais dans le coin de Pavlovich, je passerais le camp à préparer mes contres en ligne droite, parce que Pereira a tendance à frapper circulaire. Son crochet gauche est la frappe la plus connue de la division. Un crochet, ça part de loin et ça laisse un couloir droit ouvert pendant un dixième de seconde. Avec une allonge pareille, ce couloir suffit.
La cinquième minute. C’est le vrai pivot, et toutes les statistiques du dessus pointent vers lui. Avant la cinquième minute, le combat appartient à Pavlovich. Après, il appartient à Pereira, dont le travail de jambes et de corps ne paie qu’avec le temps, et qui a déjà fait cinq rounds contre Ankalaev.
Et la lutte, qui ne servira à personne. Pavlovich tente 0,47 mise au sol par quinze minutes, Pereira 0,11. Pavlovich en défend 75 %, Pereira 80 %. Aucun des deux ne sait ou ne veut emmener l’autre en bas. Ce combat se règle debout, et c’est bien pour ça que tout le monde veut le voir.
5. Mon pronostic
Je prends Pereira, et pas du tout avec la certitude que j’avais sur d’autres combats.
Deux raisons. La première, c’est le pied-poing. Pereira est à un autre niveau sur ce terrain, il a un bagage de kickboxeur que Pavlovich n’a pas, et les deux hommes vont s’expliquer debout. La deuxième raison, c’est le coin. Pereira a derrière lui des coachs qui savent exactement comment on étouffe un combat quand ça part mal, et ce sont eux qui empêcheront Pavlovich de venir ruiner le combat de Pereira. Un combattant seul face à Pavlovich, ça se casse. Un combattant avec ce coin-là derrière, ça se répare entre deux rounds.
Ce qui me retient, tu l’as compris, c’est le démarrage. Si Pereira passe la première moitié du premier round à lire son adversaire comme il le fait d’habitude, il le lira peut-être depuis le sol.
Donc mon pronostic est conditionnel, et je préfère le dire comme ça plutôt que de faire le malin : Pereira si le combat passe le premier round, Pavlovich s’il ne le passe pas. Et vu les chiffres des deux hommes, il y a une vraie chance que ce combat soit tranché avant la fin des cinq premières minutes, dans un sens ou dans l’autre.
6. Les cotes
Au moment où j’écris, les cotes ne sont pas encore ouvertes. La fiche de l’UFC 335 affiche un tiret pour les deux hommes, et aucun opérateur français n’a sorti son marché. Le combat est en décembre, c’est normal.
Je les ajoute ici dès qu’elles sortent, avec la date du relevé et le nom de l’opérateur. Sur ce combat précis, je m’attends à un marché serré, parce que les deux hommes finissent et qu’aucun des deux ne gagne aux points par habitude.
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Ma méthode pour lire une cote avant de poser quoi que ce soit est sur ma page pronostics MMA et cotes UFC.
7. Le reste de la carte UFC 335
Au-dessus de ce combat, Charles Oliveira contre Diego Lopes pour la ceinture BMF, première défense d’Oliveira face à un Lopes qui monte des poids plumes. Mon découpage est là : Oliveira vs Lopes, mon analyse. En dessous, Joe Pyfer contre Bo Nickal chez les moyens.
Le reste de la carte, les horaires français et la chaîne sont sur ma page UFC 335, que je complète à chaque annonce.