
Ciryl Gane met sa ceinture des poids lourds en jeu face à Josh Hokit, dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 novembre 2026, au Madison Square Garden de New York. Hokit est invaincu en dix combats et dispute un titre moins d’un an après ses débuts à l’UFC. Kayla Harrison défend sa ceinture des poids coqs femmes contre Amanda Nunes en co-main event.
1. Quelle ceinture est vraiment en jeu
Il faut commencer par là, parce que la réponse a changé en quelques jours et que la plupart des sites français sont restés sur l’ancienne version.
Le 5 octobre, la page classements de ufc.com désignait encore Ciryl Gane comme champion intérimaire. Depuis le 6 octobre, la mention a disparu. Le classement des poids lourds affiche maintenant Ciryl Gane, Champion, sans qualificatif, avec Tom Aspinall en premier prétendant. Et la page de l’UFC 334 annonce un combat de championnat des poids lourds, sans le mot intérim nulle part. Il ne reste qu’un texte alternatif d’image, pas mis à jour, qui l’appelle encore interim heavyweight champion.
Donc je le dis clairement : Gane est le champion des poids lourds de l’UFC, et c’est ce titre qu’il défend le 14 novembre face à Josh Hokit. Si l’UFC reprécise quoi que ce soit, je corrige cette page le jour même.
Pour mémoire, et c’est ce qui explique le flou des derniers mois : Gane et Aspinall se sont affrontés à l’UFC 321 le 25 octobre 2025 et le combat s’est terminé en No Contest au premier round, à 4 minutes 35, sur un doigt dans l’œil accidentel. Aspinall n’a plus remis les gants depuis. Gane, lui, a continué, il a battu Alex Pereira par TKO au deuxième round le 14 juin 2026. C’est cette série qui a fini par trancher la question.
2. Josh Hokit, d’où il sort
Joshua Hokit a 29 ans deux jours avant le combat, il est de Bakersfield en Californie, et son parcours ne ressemble à aucun autre sur cette carte.
Avant le MMA, il a fait deux sports à haut niveau en même temps à Fresno State : lutteur All-American et joueur de football américain, tight end et fullback, 1 260 yards à la course et 17 touchdowns. En 2020, les San Francisco 49ers le signent comme agent libre non drafté. Il passe par la practice squad, puis il est libéré. Il se met au MMA en 2023.
La suite va très vite. Contrat UFC décroché au Contender Series en août 2025, premiers pas dans l’Octogone le 8 novembre 2025 avec un TKO en 56 secondes sur Max Gimenis. Puis un TKO au premier round sur Denzel Freeman en janvier, une décision sur Curtis Blaydes en avril, candidate au combat de l’année avec 200 000 dollars de bonus, et un TKO au deuxième round sur Derrick Lewis en juin. Dix combats, dix victoires, dont six avant la limite.
Il s’entraîne à Jackson Wink, au Nouveau-Mexique. Il mesure 1,85 m pour 1,87 m d’allonge, et il pesait 234,5 livres à sa dernière pesée.
Ma lecture de lui, maintenant. C’est un gars qui vient d’arriver, un ancien lutteur qui était très bon dans son domaine, et ça fait de lui quelqu’un de spécial. Mais spécial ne veut pas dire au niveau de Ciryl. Dix combats professionnels face à un homme qui en a dix-sept et qui a déjà disputé trois championnats du monde complets, ce n’est pas la même monnaie.
3. Ciryl Gane, ce qu’il est devenu
Gane a 36 ans, 14 victoires pour 2 défaites et un No Contest, et il reste le meilleur technicien debout de la division. 1,93 m, 2,06 m d’allonge, formé au MMA Factory à Paris, un passé de Muay Thaï invaincu avant de basculer en MMA.
Ses chiffres debout sont ceux d’un homme qui a compris le jeu : 5,40 frappes significatives par minute, 62 % de précision, seulement 2,31 frappes encaissées par minute et 61 % de défense. Il touche beaucoup, il touche juste, et il se fait très peu toucher. Dans une division où la plupart des échanges se règlent en trois coups, c’est une anomalie statistique.
Ses deux défaites racontent pourtant toujours la même histoire. Francis Ngannou l’a emmené au sol et l’a tenu là. Jon Jones l’a soumis en 2 minutes 04 au premier round, à la guillotine, après l’avoir amené au tapis immédiatement. Gane n’a jamais perdu debout. Il a perdu à chaque fois que quelqu’un a réussi à le mettre par terre et à l’y garder.
Et la statistique qui va décider de ce combat est là, dans sa fiche : 47 % de défense de takedown. Pour un champion de la catégorie reine, c’est bas. Très bas. À titre de comparaison, Hokit affiche 78 %.


4. Là où ce combat se gagne
Je vois une équation simple, avec deux issues nettes et peu de terrain entre les deux.
Si le combat reste debout, Gane gagne, et probablement confortablement. Hokit encaisse 5,28 frappes significatives par minute et ne défend que 49 % des coups qu’on lui envoie. C’est beaucoup. Face à un gars qui touche à 62 % en reculant, en pivotant, en travaillant le jab et le coup de pied en bas, un attaquant perméable prend l’eau sur la durée. Gane n’a pas besoin de le finir, il a besoin de ne pas être attrapé.
Si Hokit entre sur un corps à corps et colle Gane contre la cage, tout change. C’est exactement le scénario Ngannou et le scénario Jones. Hokit tente 3,73 takedowns par quinze minutes, il vient de la lutte universitaire américaine, et il a passé trois rounds à gérer Blaydes dans cette monnaie-là. Il n’a pas besoin d’un double jambe spectaculaire, il a besoin de dix secondes de clinch à chaque fois qu’il avance.
Et je sais d’où viennent ces 5,28 frappes encaissées par minute. C’est le défaut classique d’un gars qui n’a pas encore beaucoup d’expérience et qui vient de se rendre compte que ses poings font mal. Alors il échange. Il accepte d’en prendre une pour en mettre deux, parce que jusqu’ici ça a marché à chaque fois. Face à Gane, le calcul change : tu en prends trois et tu n’en places aucune.
Mais le vrai détail est ailleurs, et c’est celui que je retiens de mes propres combats contre des lutteurs. Un lutteur est très prévisible sur deux moments, la fin d’enchaînement et le contact. Il ne part pas au hasard. Il part quand sa main touche, ou juste après avoir lâché sa combinaison pour couvrir son entrée. Quand tu sais ça, tu ne défends plus un takedown, tu l’empêches : coup de pied en bas sur l’appui avant, jab au corps au moment où il charge, genou en anticipation. On casse l’avancée avant qu’elle parte.
Et c’est exactement ce que Gane fait mieux que n’importe qui dans cette division. Il ne recule jamais en ligne droite, il sort en diagonale, et il touche en sortant. Les 47 % de défense de takedown disent qu’il défend mal une fois qu’on l’a attrapé. Ils ne disent rien de sa capacité à ne pas se faire attraper, et c’est là que se joue le combat.
Le détail qui m’intéresse le plus, c’est l’allonge. 19 centimètres séparent les deux hommes, 2,06 m contre 1,87 m. C’est énorme. Hokit va devoir traverser cet espace plusieurs dizaines de fois dans la soirée, et chaque traversée coûte, parce que Gane sort en diagonale et ne recule jamais en ligne droite.
L’autre détail, c’est le format. Ce combat est prévu sur cinq rounds. Hokit n’est jamais allé au-delà de trois. Gane, lui, a déjà fait trois championnats du monde complets. Sur les deux derniers rounds, l’expérience pèse autant que la technique.
5. Mon pronostic
Je prends Ciryl Gane. Par décision unanime, ou par arrêt tardif au quatrième ou cinquième round si Hokit se vide en essayant d’entrer.
Mon raisonnement tient en une phrase : pour gagner, Hokit doit réussir quelque chose qu’il n’a encore jamais eu à faire contre quelqu’un d’aussi mobile, pendant cinq rounds, après avoir traversé vingt centimètres d’allonge à chaque tentative. C’est possible. Ce n’est pas le scénario le plus probable.
Deux choses encore, et elles vont ensemble. Hokit n’est jamais allé au-delà de trois rounds, et ce qui lâche en premier quand tu entres dans un territoire que tu ne connais pas, ce ne sont pas les jambes, c’est le mental. Quant à l’expérience de Gane, c’est un avantage à une seule condition : qu’il ne s’endorme pas dessus. C’est précisément ce qui lui est arrivé contre Jon Jones, deux minutes quatre et c’était fini.
Cela dit, je ne joue pas Gane à 1,32. Le risque est réel et il est précisément chiffré : 47 % de défense de takedown contre un All-American. Si tu veux mettre quelque chose dessus, la victoire de Gane par décision me paraît une meilleure valeur que sa simple victoire, parce que je ne le vois pas finir un invaincu qui vient d’absorber les mains de Derrick Lewis.
Et si tu cherches le coup de poker, Hokit à 3,10 n’est pas une folie. Ce n’est pas un outsider de pacotille, c’est le quatrième de la division avec la seule arme qui ait jamais battu Gane.
6. Les cotes
Relevé du 5 octobre chez Unibet : Gane à 1,32, Hokit à 3,10. Du côté américain, BetOnline donnait Gane à -235 et Hokit à +195 fin septembre, alors que la cote d’ouverture plaçait Gane à seulement -150. Autrement dit, le marché s’est nettement déplacé vers Gane depuis l’annonce, ce qui est logique : plus les gens regardent les images de Hokit, plus ils voient un garçon de dix combats face à un homme qui a dix-sept combats pros et trois championnats du monde dans les jambes.
Les cotes bougent jusqu’au pesage, vérifie-les avant de jouer.
18+ · Les paris sportifs comportent des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé).
7. Harrison vs Nunes et le reste de la carte
Le co-main event vaut à lui seul le réveil. Kayla Harrison défend sa ceinture des poids coqs femmes contre Amanda Nunes, qui revient après trois ans et demi d’arrêt. Nunes avait pris sa retraite dans l’Octogone le 10 juin 2023 après sa victoire sur Irene Aldana. Elle a annoncé son retour en juin 2025, le combat était d’abord prévu pour janvier 2026, et c’est Harrison qui s’est retirée, opérée de hernies discales cervicales.
Harrison est 19-1, double championne olympique de judo, et elle n’a pas combattu depuis juin 2025. Nunes est 23-5, 38 ans, et reste la plus grande combattante de l’histoire du sport. Deux longues inactivités face à face, c’est le genre de combat où le premier round dit tout.
Le reste de la carte principale annonce Caio Borralho contre Yousri Belgaroui chez les moyens, Uroš Medić contre Kevin Holland chez les welters, et Bilal Hasan contre Luis Gurule chez les mouches. En préliminaires, Stephen « Wonderboy » Thompson dispute son combat de retraite face à Charles Radtke, et Jim Miller retrouve l’Octogone contre Terrance McKinney.
La carte complète du gala, les horaires français et la chaîne sont sur ma page UFC 334, que je tiens à jour. Le gala suivant, c’est UFC 335 le 12 décembre, avec Oliveira contre Lopes et Pavlovich contre Pereira.
8. Où regarder et à quelle heure
En France, l’UFC passe sur RMC Sport, et c’est inclus dans l’abonnement, sans pay-per-view supplémentaire à acheter. Les horaires en heure de Paris, pour la nuit du samedi 14 au dimanche 15 novembre :
- 23h00 samedi : premières préliminaires
- 01h00 dimanche : préliminaires
- 03h00 dimanche : carte principale
- vers 06h00 dimanche : entrée de Gane et Hokit, estimation qui dépend de la durée des combats précédents
J’ai détaillé toutes les options légales et leurs prix réels dans mon guide pour regarder l’UFC en direct, et la carte complète du prochain gala est toujours à jour sur ma page UFC ce soir.